[RUSSIE] [ICÔNE RELIQUAIRE]. Icône-reliquaire de la Croix. - Lot 230

Lot n° 230
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[RUSSIE] [ICÔNE RELIQUAIRE]. Icône-reliquaire de la Croix. - Lot 230
[RUSSIE] [ICÔNE RELIQUAIRE]. Icône-reliquaire de la Croix. Huile sur panneau de bois marouflé, revêtement en argent 84 zolotniks (875 mm), bronze doré et laiton. Russie, Moscou, fin du XVIIIe siècle (avant 1795). D. de l'icône : 31,5 × 27 × 4 cm. D. avec le support : 35,7 cm. D. reliquaire : 9,4 × 7,7 cm ; croix au revers : 7, 1 × 8,2 cm. Poids total brut : 2410 g. Remarquable icône-reliquaire pourvue d'un revêtement d'argent (oklad), fixée sur un double piétement en laiton, contenant plusieurs reliques de la Passion munies de leur authentique. Poinçons de l'échevin AOP (POSTNIKOVA-LOSEVA et al., Gold and silver manifacture in Russia XV-XX century, 2003, # 2136) ; poinçon de l'essayeur Andreï Titov, 1795 (POSTNIKOVA-LOSEVA et al. 2003, # 2094) ; poinçon au saint Georges de la ville de Moscou pour les années 1790, argent 84 zolotniks (875 mm). (Quelques frottements du vernis et légères lacunes de la couche picturale, essentiellement concentrés dans les marges ; quelques manques à la dorure des nimbes ; visages légèrement assombris ; petit trou à l'oklad au niveau d'un nimbe, du côté gauche, sans gravité). On y joint : un authentique de Mgr Maurice Feltin, archevêque de Paris, signé par Mgr Paul-Louis Touzé, évêque auxiliaire (12 mai 1951), et une lettre du P. Christian o.f.m. concernant l'authentification des reliques (4 décembre 1962). Ce rare et bel exemple de la peinture moscovite de la fin du XVIIIe siècle représente l'Invention de la Vraie Croix suivant un modèle original dont l'exécution, typique des iconographes russes, laisse entrevoir une certaine influence des ateliers de Méditerranée orientale, notamment crétois et cypriotes. Au registre inférieur, de part et d'autre du panneau, sont figurésl'empereur Constantin (Царь Константи́нь) et l'impératrice Hélène (Свята́я Царица Елена), couronnés et vêtus de costumes impériaux ourlés de perles, identifiés par des inscriptions en slavon apposées à l'encre rouge sur l'or des nimbes qui auréolent leurs visages. Des inscriptions similaires, à l'encre rouge sur le fond brun-vert, permettent d'identifier les personnages qui les flanquent, soigneusement choisis afin de souligner la continuité entre les figures fondatrices du christianisme antique et les saints de l'Église russe. À droite, portant l'omophore et la couronne des évêques byzantins, on reconnaît d'abord saint Jean Chrysostome (Иоа́нн Златоу́ст), patriarche de Constantinople (397-407). Face à lui, à gauche, vêtu d'un costume monastique, se tient saint Alexandre Svirski (Алекса́ндр Сви́рский), higoumène de la Trinité-Saint-Serge et fondateur du monastère Saint-Alexandre-de-Svir, dans l'oblast de Léningrad (1488-1533). Au second plan à droite apparaissent ensuite la sainte martyre Barbara (Свята́я Варва́ра) et, près d'elle, saint Ignace (Игнатий) - probablement Ignace de Vologda, né prince Ivan Andreievitch (1477-1522). Du côté gauche figurent enfin le vénérable Sisoès (Преподо́бный Сисой), anachorète égyptien du Ve siècle, et Martyrios - vraisemblablement Martyrios de Zelenets (Марти́рий Зелене́цкий), mort en 1603, fondateur du monastère éponyme dans la région de Saint-Pétersbourg. Le registre supérieur est occupé par deux anges portant l'icône de la Mère de Dieu, dans un cadre chantourné et doré d'inspiration italienne. On relèvera la délicatesse des traits et la finesse du traitement des matières, et notamment des étoffes et fourrures, soulignées de rehauts dorés, qui distinguent cette icône. Le revêtement d'argent (oklad) qui protège la peinture en reprend l'iconographie trait pour trait, ménageant des ouvertures pour les visages et les mains des figures, y compris celles des anges, de la Vierge et du Christ. Les inscriptions ont été également reportées au poinçon sur l'oklad, qui s'agrémente d'un décor floral d'inspiration néoclassique formé de guirlandes végétales, de vases et de frises de perles. Deux charnières rivetées à l'oklad et vissées sur la tranche gauche du panneau assujettissent l'icône au revêtement dont elles permettent l'ouverture ; deux crochets d'argent, également maintenus par des rivets, retiennent l'oklad en position fermée grâce à deux vis insérées dans la tranche droite. Les poinçons de l'échevin, de l'essayeur et de la ville de Moscou confirment l'origine de l'oeuvre et permettent d'en situer la réalisation entre 1790 et 1795. Ce type d'objet, particulièrement prisé dans le monde post-byzantin et notamment en Russie, s'inscrit dans le sillage des staurothèques médiévales dont il propose une interprétation résolument originale. La formule iconographique de l'Invention de la vraie Croix fut progressivement associée, à partir de l'époque médio-byzantine, à la fête de l'Exaltation de la Croix célébrée le 14 septembre. Cette image commémore simultanément deux événements fondateurs du christianisme orthodoxe : la découverte du bois de la Croix en 326, attribuée par la tradition chrétienne à l'impératrice Hélène, mère de Constantin (310-337), et la restitution de la relique
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