[Manuscrit. Indonésie, Java. XIXe siècle]. [Sĕrat Mintaraga] - Lot 204

Lot n° 204
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[Manuscrit. Indonésie, Java. XIXe siècle]. [Sĕrat Mintaraga] - Lot 204
[Manuscrit. Indonésie, Java. XIXe siècle]. [Sĕrat Mintaraga]. Manuscrit illustré en langue javanaise, comprenant des figures polychromes, un frontispice colorié, et une ponctuation rubriquée. Copié dans la régence de Sidoarjo, Java oriental, Indonésie, vers 1850-1860. In-folio (env. 340 x 210 mm.), encre et peinture sur papier de Hollande, [2] f. non chiffrés, puis 79 (sur 86) feuillets (chiffrés 1-43, puis 45-53, puis 56-62, puis 67-86), [9] f. blancs, reliure orientale cuir havane à rabat, décor à froid sur les plats et le rabat (frottements, charnières en grande partie coupées ; remontages nombreux dans les marges intérieures avec adhésif jauni ; petites réparations en marge avec ce même adhésif, dont une sur un dessin ; qq. salissures légères, qq. accidents en marge ; l'encre noire cause des trous sur certaines illustrations, d'autres sont partiellement coupées en pied en raison de la reliure ; 8 feuillets en déficit). Important manuscrit, basé sur un texte poétique javanais ancien inspiré du Mahābhārata, richement illustré de nombreuses figures caractéristiques du théâtre de marionnettes javanais dit « wayang ». Il est caractéristique des productions réalisées à partir des années 1850, pour l'usage de bibliothèques de prêt dirigées par des Chinois javanisés établis dans les villes et les grandes localités. Ce type de manuscrit illustré est très rare sur le marché. Le texte : Composé de 24 chants, le texte est une version du Sĕrat Mintaraga (également connu sous le nom de Cipta Hĕning) dans lequel le roi ogre Niwatakawaca souhaite épouser Dewi Supraba, une fille du dieu Indra. Sa requête rejetée, il fait la guerre au ciel (Suralaya). Le héros Arjuna, qui a remporté une arme magique (la flèche Pasopati) après avoir accompli de grandes dévotions dans une grotte de montagne, entre dans la mêlée. Finalement, Arjuna bat Niwatakawaca grâce à une ruse de Supraba qui conduit le roi ogre à révéler son unique point faible, permettant à Arjuna d'utiliser sa flèche magique pour le tuer, remportant ainsi la main de Supraba. Arjuna et d'autres personnages de cette histoire sont originaires de l'épopée indienne Mahābhārata, source de nombreuses histoires du répertoire de marionnettes wayang, mais ce récit particulier est basé sur un texte javanais ancien, Arjunawiwaha, « Le mariage d'Arjuna », écrit vers 1030 ap. J.-C. dans l'est de Java par le poète Mpu Kanwa. L'illustration : 95 pages présentent des illustrations en couleurs, d'un tiers à la moitié de la hauteur de la page, composées de scènes jouées par des personnages du style des marionnettes wayang, relevant d'une iconographie traditionnelle. La plupart de ces compositions se distingue par la représentation du mouvement. De nombreuses illustrations portent des notes en javanais, certaines avec des traductions malaises en alphabet latin et en orthographe néerlandaise en dessous ; l'encre, l'écriture et l'orthographe suggèrent qu'il s'agit d'ajouts ultérieurs. Les images se trouvent généralement en bas de la page, mais certaines sont intégrées au texte, ce qui montre clairement que le texte et les images ont été créés simultanément ; elles sont tracées à l'encre et coloriées à la main, certaines rehaussées de dorure. Les ornements : Les deux premiers feuillets sont vierges et portent des ex-libris manuscrits et estampillés, qui se retrouvent au v° du deuxième folio et jusqu'au r° du troisième, et en marge d'autres pages. Les deux premières pages écrites sont décorées de wadana (encadrements) polychromes simples dominés par du bleu. Le corps du texte est écrit d'une main simple et quelque peu maladroite, recto et verso, généralement 19 lignes par page, sauf lorsque la page comporte une illustration. Les signes de ponctuation (pĕpadan) indiquant la fin de chaque vers dans le texte poétique sont couverts de peinture bleue, jaune et rouge, tandis que la fin de chaque vers présente un dispositif rubriqué en forme de hamzah au-dessus des marques simples habituelles (pada lungsi) écrites par le copiste. Des dispositifs décoratifs plus grands (pada pupuh) s'étendent sur toute la largeur du texte, décorés des mêmes couleurs, indiquant le début d'un nouveau chant dans un nouveau mètre : le numéro du chant écrit en néerlandais y est encadré, tandis que le nom du nouveau mètre apparaît en écriture javanaise. Il existe 24 dispositifs de ce type, un pour chaque chant, et le texte se termine par un dispositif apparenté marquant la conclusion (f.86r). Le papier a été produit aux Pays-Bas et son utilisation est attestée dans les années 1850 et 1860 en Indonésie. Filigrane : lion couronné, tenant une épée, en cercle portant la devise des Provinces-Unies des Pays-Bas : « Concordia res parvae crescent », le tout surmonté d'une couronne. Environ 155 x 122 mm. Contremarque : « V d L » désignant la fabrique de Van der Ley. Le copist
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